Réunion sur la mastérisation CPU-CDIUFM-CDUL-CDUS

29 septembre 2008


Compte-rendu de la réunion du 29/09/2008, à la Maison des Universités, sur les Masters « Métiers de l’enseignement »


Compte rendu établi par Jacques Migozzi, pour la CDUL.

Présents: Jacques Migozzi (Limoges), président de la CDUL ; Marie-Christine Lemardeley, présidente de Paris 3, université non intégratrice ; Jean Dercourt, membre de l’Académie des Sciences ; Dominique Dunon-Bluteau, vice-président de la CDUS, UPMC Paris 6 ; Christian Morzewski, président de l’Université d’Artois ; Gilles Baillat, cdiufm, directeur de l’IUFM Champagne-Ardennes ; Didier Geiger, directeur de l’IUFM de Créteil ; Patrick Baranger, président de la CDIUFM ; Simone Bonnafous, présidente de Paris 12, université intégratrice, présidente de la commission pédagogique de la CPU ; Nicole Nicolas, chargée de mission CPU ; Nicole Ménager, vice-présidente de l’UHB (Rennes 2), université non intégratrice ; Gérard Mary, ancien directeur de l’IUFM Reims et ancien président de l’université de Reims, président du comité licence professionnelle ; Harald Schräder, chargé de mission à la CPU pour les affaires européennes ; Patricia Remoussenard et Patrick Railloux de l’association des enseignants et chercheurs en sciences de l’éducation ; Thierry Michaud, UBO, Président du réseau des VP-CEVU ; Colette Padet, VP, représentant Université de Reims. ; Anne-Marie Cadenne, représentant pôle pédagogique Paris Sud Orsay.

1) Simone Bonnafous présente la charte signée par CPU, CDIUFM, MESR et MEN le 30/09. Ce texte est en tous points conforme à celui qui a été acheminé par la liste de diffusion CDUL le 17/09). Une lecture attentive vaut mieux donc que toute tentative de glose incomplète [Note du scribe !]

La CPU justifie son choix de collaborer, même dans l’urgence, à ce processus de construction des nouveaux masters « afin d’affirmer la compétence des universités à former des enseignants ».

L’arrêté de décembre 2006, pour tout son volet IUFM, est caduc ; néanmoins d’après la CDIUFM la référence à la notion de « compétences professionnelles » demeurera. Le cahier des charges des 10 compétences sera revu, même si l’esprit demeurera, en vue d’en faire un référentiel de formation. (Bonnafous et Baranger).
L’association des Sciences de l’Education s’inquiète que le professionnel (volet d) du contenu des masters) ne soit pas réduit à la seule pratique de terrain, pour prendre en compte les recherches en psychologie, sociologie de l’éducation.
La CDUS s’interroge sur la place de la formation continue.

2) Patrick Baranger présente la déclaration commune CPU-CDIUFM, qui vient à peine d’être finalisée. Se reporter pour le contenu complet au texte définitif corrigé joint en principe en annexe à ce CR, ou qui ne saurait tarder. [Note du scribe !]
Ce texte a été rédigé pour clarifier les orientations sur la mise en œuvre des principes directeurs fixés par la charte évoqué supra. Il vise à dissiper certaines ambiguïtés délibérées de la charte qui sont le fait du Ministère.

P. Baranger insiste en examinant le texte au fil sur les notions de:

co-habilitation et co-pilotage / pratique professionnelle/ organisation modulaire / non réduction des nouveaux M à la préparation des concours / possibilité de créer pour parcours visant le PE des licences pluridisciplinaires à dominante littéraire ou scientifique / alternance comme socle de la formation pro / adossement à la recherche des M.

3) Informations sur les concours

Patrick Baranger fait état des informations dont disposent la CPU et la CDIUFM sur les maquettes de concours. CPU et CDIUFM ont fait une proposition de matrice commune, mais ne sont pas sûres d’être entendues car leur conception est sensiblement différente de ce qui a été envisagé par des groupes de travail internes au MEN.

Le Ministère pourrait trancher dans les 15 jours mais consulte les syndicats.
Depuis la réunion , une dépêche AEF a publié exactement tout ce qui nous a été présenté en séance ce jour-là.

Masterisation de la formation des enseignants
Le ministère de l’Éducation nationale a soumis à des syndicats enseignants cinq exemples de maquettes de concours de recrutement des enseignants et des CPE. Ces textes de travail, dont l’AEF a eu copie, doivent servir de base de réflexion aux syndicats, reçus dans le cadre des négociations en cours. Les trois premiers textes, dont les auteurs ne sont pas identifiés, émettent des propositions pour les concours de recrutement des enseignants. Le quatrième texte est la proposition formulée par le Snep-FSU pour le Capeps. Le cinquième et dernier projet, émanant du groupe « Établissements et vie scolaire » de l’Inspection générale, concerne le recrutement des CPE. En voici les principaux éléments:

RECRUTEMENT DES ENSEIGNANTS (1). Le premier projet de concours comporte quatre épreuves: deux épreuves d’admissibilité, un écrit disciplinaire de 5 heures « sans autre programme que les programmes scolaires » et une composition écrite de 4 heures portant sur l’histoire de l’enseignement de la discipline et les évolutions survenues dans cet enseignement. Au moment de l’admission, les candidats passeraient une épreuve pratique orale d’admission (leçon) et une épreuve orale professionnelle « transversale » commune à tous les Capes. Cette dernière épreuve aurait pour objectif de vérifier la connaissance que le candidat a du « système éducatif français, de ses missions, de ses fonctionnements, de ses dispositions réglementaires » et son « aptitude à analyser une situation professionnelle qui n’a pas seulement trait aux contenus de son enseignement » et à proposer des solutions.

RECRUTEMENT DES ENSEIGNANTS (2). Le second projet concerne le premier et le second degrés. Il comprend deux épreuves d’admissibilité portant sur les savoirs académiques et didactiques (une majeure et une mineure) et deux épreuves d’admission (une leçon en fonction du niveau d’enseignement, le contexte de la classe et le profil des élèves, et un entretien de connaissance du système éducatif). Pour le premier degré, les candidats auraient le choix à l’écrit selon la majeure ou la mineure entre le français ou les mathématiques. Dans le second degré, la majeure porterait sur « l’un des champs de la discipline principale tiré au sort », et la mineure sur l’une des disciplines connexes de cette discipline principale, ou sur les langues.

RECRUTEMENT DES ENSEIGNANTS (3). Le troisième texte, qui émanerait selon les informations recueillies par l’AEF de la CPU et de la CDIUFM, propose des épreuves de concours de recrutement des personnels d’enseignement et d’éducation. Il s’appuie sur le référentiel des 10 compétences inscrites dans le cahier des charges des IUFM. Le concours comporte trois types d’épreuves: culture disciplinaire, connaissance du système éducatif et une troisième intitulée « planifier et organiser son enseignement ». En ce qui concerne la culture disciplinaire, le projet prévoit « plusieurs épreuves en cas de plurivalence ». Cette épreuve d’admissibilité, passée à l’écrit, pourrait porter sur un ensemble de savoirs disciplinaires, mais aussi sur l’épistémologie, l’histoire et sur les enjeux de l’enseignement de la discipline. Le type d’épreuve, « spécifique à la discipline », ne comporterait pas de programme mais serait en lien avec les programmes d’enseignement.

L’épreuve de « connaissance du système éducatif » (second type) passée à l’écrit au moment de l’admissibilité serait traitée sous forme de note de synthèse, à partir d’un dossier documentaire. Elle porterait par exemple sur « les valeurs et missions de l’école », les « relations école-société », ou encore l’histoire des systèmes éducatifs ou les droits de l’enfant et de l’éducation.

L’épreuve de mise en situation et de pratiques professionnelles aurait lieu à l’oral au moment de l’admission. Elle prendrait la forme d’un exposé du candidat, suivi d’un entretien avec le jury « à partir du portefeuille de compétences et d’un dossier en lien avec un stage en établissement scolaire, fournis par le candidat ou d’un dossier fourni par le jury ».

CAPEPS. Le quatrième projet, émanant selon le document recueilli par l’AEF, du Snep-FSU, comporte 5 épreuves: 2 épreuves écrites d’admission (une dissertation portant sur l’histoire des fondements sociaux, culturels et institutionnels de l’EPS et une « composition d’ordre technologique » se distinguant de la dissertation ») et 3 épreuves orales d’admission. La première épreuve orale d’admission portant « sur les enjeux de l’organisation, de la mise en œuvre, de l’enseignement obligatoire de l’EPS » serait l’occasion de « vérifier les connaissances du candidat sur le système éducatif ». Il s’agirait, pour la seconde, d’une « épreuve technico-didactique polyvalente », à laquelle la « prestation physique » pourrait servir de base. Enfin, la troisième serait une épreuve de spécialité « intégrant l’expérience personnelle dans la pratique de cette activité ». Le Snep-FSU appelle dans son projet à un rééquilibrage des coefficients du Capeps en faveur de l’expression scientifique et technique et de la maîtrise pratique des Apsa (activités physiques, sportives et artistiques). Il s’agit de conférer un tiers du barème « aux écrits », « un tiers aux entretiens » et « un tiers aux pratiques physiques ».

RECRUTEMENT DES CPE. Enfin, le cinquième projet contient des propositions pour un nouveau concours de recrutement desCPE, formulées par le groupe « Établissements et vie scolaire » de l’Inspection générale de l’Éducation nationale. La maquette comporte deux épreuves écrites d’admissibilité (dissertation et étude de dossier) et deux épreuves d’admission. À l’écrit, la dissertation fera « appel à de solides connaissances en sciences humaines, histoire et sociologie de l’éducation, psychologie de l’enfant et de l’adolescent, philosophie de l’éducation et pédagogie », et l’étude de dossier vérifiera entres autres la connaissance qu’ont les candidats du système éducatif, du fonctionnement précis d’un établissement du second degré ou de « la pertinence de leur conception de la fonction de CPE ». Les deux épreuves orales d’admission comprennent une étude de cas sur « l’éducation et la vie scolaire » et un entretien avec le jury, prenant « appui sur un dossier que le candidat a fait parvenir au jury et qui met en évidence des éléments d’un parcours de formation pré-professionnel ». Ce nouveau concours, tel qu’il est conçu a notamment pour vocation d’orienter la « formation universitaire » afin de permettre à l’étudiant de « construire un parcours professionnel lui permettant d’acquérir des savoirs et des compétences en dehors ou dans le cadre de l’Éducation nationale » et de « susciter des partenariats locaux entre universités, représentants de l’institution et autres partenaires institutionnels ou privés de façon à établir une liaison théorie-pratique efficace ».

4) Organisation possible d’une concertation entre Conférences dans les semaines à venir.

Il est toujours question de remettre les maquettes des nouveaux M fin décembre /début janvier pour expertise par l’AERES en janvier, toutes vagues confondues.
La DGES ne semble pas très optimiste sur la possibilité de délivrer les habilitations avant l’été…

Simone Bonnafous insiste sur la coexistence /concurrence de plusieurs modèles possibles de M :

Faut-il faire des M pour PE spécifiques ?

Développe-t-on des Masters disciplinaires avec parcours PLC ou des Masters d’empan plus large « Education et formation » avec parcours PE et PLC aux côtés d’autres ?

Vise-t-on des convergences assez fortes entre M disciplinaires PLC et M disciplinaires autres (à coloration pro ou recherche) ? [NB C’est plutôt le parti pris de principe défendu par l’actuel Bureau de la CDUL)

Ou au contraire distingue-t-on nettement M PLC et M Recherche ? [C’est grosso modo la position de principe de la CDUS, conférence des scientifiques]

Simone Bonnafous souligne qu’il n’y a pas de solution « tout terrain » mais qu’il vaudrait mieux esquisser un cadrage national souple, en proposant des scénarios possibles aux établissements qui choisiront en dernier ressort . Il vaudrait mieux en amont pouvoir exercer une forme de régulation -conseil, pour faire barrage aux réflexes de peurs diverses et ne pas laisser jouer les seuls rapports de forces…

Jacques Migozzi intervient pour dénoncer les délais déraisonnables auxquels nous condamnent la précipitation du processus et l’absence d’informations fiables sur les concours : il faut sommer le Ministère d’arrêter ses arbitrages et de les communiquer au plus vite, faute de quoi le dépôt des maquettes pour prise d’effet à la rentrée 2009 devrait être refusé par la communauté universitaire car il serait insensé, s’il ne l’est pas déjà …

Simone Bonnafous s’engage à relayer cette exigence auprès des Ministères …
La CPU propose la constitution de groupes de travail :
– 1 sur les questions institutionnelles générales (co-habilitation, portage, sélection et gestion des flux ). CPU+CDIUFM
– 1 sur le problème des parcours PE, quelle que soit la forme de montage retenue CPU+CDIUFM+CDUL+CDUD+Assoc Sciences Educ
– 1 sur M disciplinaires parcours enseignement CPU + CDIUFM + CDUS + CDUL + Sciences Educ
– Masters Education et formation CPU + CDIUFM + CDUS + CDUL + Sciences Educ
– 1 sur Licence d’amorce
– 1 sur PLP
– 1 sur CPE

Jacques Migozzi fait observer que le groupe de travail Licence ne relève pas de la même urgence que les 4 premiers, et que sa Conférence se concentrera dans la mesure de ses forces sur les groupes 2, 3 et 4.

Il est convenu que chaque conférence informe la CPU, qui coordonnera le tout, du nom de ceux qui participeront aux groupes de travail, dont le travail ne pourra vraisemblablement démarrer qu’à la mi-octobre après des annonces sur les concours.


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