Concours 2010 (suite)

14 octobre 2008


Précisions apportées par l’I.G. François Perret et le DGRH Thierry Le Goff


« Trois semaines ou un mois »: c’est l’objectif que s’est fixé le ministère de l’Éducation nationale pour aboutir à une « version définitive » des nouvelles maquettes des concours enseignants, présentées lundi 13 octobre 2008 par François Perret, doyen de l’IGEN.

À partir du « schéma cadre », défini par le ministère, un groupe d’experts piloté par la DGRH va adapter les maquettes « spécialité par spécialité »: « l’objectif est d’aller assez vite », explique Thierry Le Goff, DGRH.

L’entourage du ministre précise que la CPU et la CDIUFM, ne seront pas associées à cette seconde phase du travail sur les concours. Elles ne l’ont d’ailleurs pas demandé: « Ce serait un mélange des genres contraire à la philosophie de la réforme qui consiste à séparer formation et recrutement », estime l’entourage de Xavier Darcos.

Les organisations syndicales, signataires du texte de convergence sur la masterisation, seront quant à elles associées à cette phase de travail, ainsi qu’aux discussions sur la question des « stages », de la « première affectation », de la « revalorisation », ou du « compagnonnage ». « D’ici trois semaines, une fois que le groupe d’experts aura fait son travail de proposition, nous transmettrons les documents aux organisations syndicales. Nous prendrons en compte leurs remarques dans les discussions, mais c’est nous qui prendrons la décision politique », explique l’entourage de Xavier Darcos.

Un groupe de travail, piloté par l’Enseignement supérieur, s’emparera de la maquette des concours pour « affiner » les propositions sur les masters. Le ministère de l’Éducation nationale affirme qu’il était nécessaire de caler les nouveaux concours, avant de réformer les masters.

MISE EN CONFORMITÉ JURIDIQUE AU PRINTEMPS 2009

Un autre chantier s’impose, celui de la mise en conformité juridique. Le ministère vise une mise à jour complète des textes réglementaires qui régissent les premier et second degrés pour « la fin de l’année 2009 », et une « publication de l’ensemble du dispositif réglementaire au printemps 2009 ».

QUATRE ÉPREUVES

Le ministère défend ses choix: toutes les spécialités, y compris celles ne comportant qu’une discipline – par exemple, la philosophie – feront l’objet de deux épreuves d’admissibilité, qui pourront prendre des formes différentes (dissertation et explication de texte). « Si on avait écouté la CPU et la CDIUFM, nous nous serions contentés de 3 épreuves, mais nous ne souhaitions pas que les candidats jouent leur admissibilité sur une seule épreuve », ajoute l’entourage de Xavier Darcos.

Dans certaines spécialités, les deux épreuves disciplinaires pourront faire l’objet d’une « question particulière » d’épistémologie, mais « il pourra y avoir des concours », précise François Perret.

UNE CULTURE DISCIPLINAIRE GÉNÉRALISTE

Interrogé sur le choix du niveau licence pour ces nouveaux concours, le ministère estime « qu’à partir du M1, l’enseignement est beaucoup plus spécialisé ». Or, explique François Perret, « ces concours doivent rester généralistes ». Toute inscription en M2, permettra aux candidats de passer les concours. « Juridiquement », il n’est pas possible d’exiger des candidats d’avoir effectué un stage dans un établissement scolaire pour passer le concours, sous peine d’être « discriminant ». Cependant, dans la pratique le nouveau format des concours (coefficient 6 pour l’oral) favorisera les candidats qui auront effectué un stage.

Interrogé sur l’avenir des IUFM, le ministère estime que la masterisation constitue « à la fois un risque et une chance ». « Si les IUFM forment bien, il n’y a pas de risque pour eux », énonce Tanguy Larzul, directeur-adjoint du cabinet du ministre, rappelant que la masterisation est « une vieille revendication des directeurs d’IUFM ».

ESPRIT DE LA RÉFORME

Cette réforme, présentée comme l’aboutissement de l’intégration des IUFM aux universités prévue par la loi sur l’école de 2005, repose sur plusieurs principes: la séparation des missions de formation (universités) et de recrutement et formation continue (Éducation nationale) ou encore le passage d’une « logique d’une revalidation du niveau universitaire à une logique de recrutement ». C’est l’argument invoqué par François Perret, pour expliquer la disparition des d’épreuves d’EPS et de langues au CRPE. L’intégration dans les jurys de concours de « personnels de direction, membres de l’administration, personnels hors Éducation nationale », devrait renforcer la dimension professionnalisante du recrutement.

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