Rencontre avec la CPU


Compte-rendu de l’entrevue avec M. Lichtenberger – au nom de la CPU
le Vendredi 9 Mars 2006 13h 45 AMUE


En présence de :
M. Yves Lichtenberger, Président de l’Université de Marne-la-Vallée – représentant bureau de la CPU en charge du secteur de la formation,
Mme Nicole Nicolas

et pour la CDUL :
Jacques Migozzi, J.-L. Duchet, H. Quintin

L’entrevue a porté d’une part sur la manière de conforter les relations entre la CPU et la CDUL, en particulier quant à la présence d’un représentant de la CDUL en tant qu’invité lors des colloques de la CPU, ainsi qu’en matière d’échanges d’information.

D’autre part sur un certain nombre de points liées aux vingt propositions de la CPU, issues du Colloque de Metz.

La CPU, par la voix de J. Lichtenberger, a indiqué être favorable à des échanges et contacts réguliers ; ne pas voir d’objection à la présence de la CDUL comme invitée lors des colloques de la CPU, pour les séances plénières ou ouvertes. J. Migozzi informe la CPU de la tenue d’un colloque de la CDUL en novembre 2007, en espérant que la CPU y soit présente – elle sera bien entendu invitée.

Jacques Migozzi énumère les questions les plus importantes aux yeux de la CDUL, à évoquer dans cette entrevue : Licence et professionnalisation, les Masters en liaison avec la question des PRES et de l’intégration des IUFM ; la cartographie des formations ; la question de la redéfinition des DGF et de la prise en compte de l’évolution de nos filières ; la gouvernance des universités ;

La CDUL évoque le projet de la CPU de développer la professionnalisation en particulier au niveau des Licences généralistes, par des modules dédiés, des pratiques de stages, la mise en place d’un projet individuel de l’étudiant, un tutorat spécifique. La question majeure pour le CDUL ne réside pas dans le bien-fondé du projet, que la plupart des secteurs LLASHS peuvent faire leur : contrairement au discours ambiant, nos filières connaissent la professionnalisation, ont démontré qu’elles pouvaient la réaliser de façon efficace, et ne manquent ni de volonté ni d’idées pour aller en ce sens.

La question centrale est celle des moyens humains et financiers: actuellement les tâches liées à la professionnalisation ne sont pas reconnues, ni en termes de services, ni en termes de dotation horaire, de reconnaissance professionnelle, de moyens administratifs dédiés : des formations de même type en Master LEA et en IUT sont traitées de manière très inégalitaire. Faire une professionnalisation sérieuse pose des exigences fortes en termes de contact avec les milieux professionnels, de suivi des étudiants pendant et après leur formation, d’analyse de résultats – ce qui ne peut se faire sans moyens ou presque. Actuellement, des choses intéressantes se font dans des conditions qui relèvent du quasi-bénévolat ; une généralisation de la professionnalisation à l’ensemble du niveau L généraliste, profondément souhaitable, risque de faire exploser le système et mettre à nouveau tout le secteur en difficulté et en accusation.

CPU : La CPU est consciente du problème, son représentant évoquant sa propre Université très sous-dotée, mais fortement engagée sur ce terrain, y compris via l’apprentissage, et sa propre qualité de sociologue sensible à nos problèmes ; il rappelle que la professionnalisation est un objectif partagé par tous, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat – mais que le niveau de contribution de l’État au financement de l’Université est un des plus faibles des pays développés (mais le financement de l’enseignement supérieur un des plus élevés: le problème est celui d’une répartition interne au système). Par ailleurs toute politique de rerépartition, de mise à plat des financements se heurte d’emblée à une grande frilosité de tous les acteurs, dès qu’il faut passer aux actes. La clef du problème se situe sans doute au niveau des ressources propres (taxe d’apprentissage) et des partenariats avec les collectivités, très engagées sur ce terrain. Un relèvement des droits d’inscription des étudiants n’est pas une réponse adaptée, ni politiquement envisageable. Il faut penser à développer de nouveau types de formation (apprentissage), il faut aussi que le débat sur ces questions soit mené au sein des universités, redéfinir enfin les normes d’obligations de service des enseignants fondée sur le critère rigide du présentiel.

Par ailleurs, la CPU insiste sur la nécessité d’expliciter les sorties professionnelles au niveau de la Licence 3, en dehors des licences spécialisées. Entre les licences pro et les licences clairement liées à une poursuite d’études, il faut pouvoir orienter une population importante d’étudiants vers des sorties adaptées au niveau d’emplois intermédiaires. Ce qui suppose de mieux identifier les compétences acquises, de prévoir des modules spécifiques pour ces sorties « courtes » pour des jeunes qui s’arrêtent en licence et trouvent des emplois définis en termes de fonctions (documentation, ressources humaines, etc.) qu’on devrait mieux expliciter pour faciliter la construction d’une identité professionnelle..

La CDUL soulève ensuite différentes questions relatives aux masters : qu’en est-il de l’accès au M1 et de la continuité de la formation ? Quel est l’impact de la politique visant à autonomiser les PRES sur l’offre de masters (risque de masters d’excellence opposables à des masters de second ordre) ? Comment envisage-t-on du côté de la CPU la mastérisation des IUFM ?

Sur la question de l’accès sélectif au Master, le représentant de la CPU fait état d’une grande prudence ministérielle – la CPU quant à elle maintient ses positions et demande la possibilité de sélectionner dès le M1 ; il en sera question le 16 mars au CNESER. Mais il est clair que d’autres stratégies sont possibles, et qu’une certaine latitude doit être laissée aux universités, et que les même dispositifs ne valent pas pour tous les masters.

Concernant l’impact des PRES, il est rappelé que si des risques existent, les universités sont maîtresses du jeu, car rien ne peut se faire sans elles, elles sont au centre du dispositif. La politique des PRES vise plutôt à permettre de créer des transversalités, de regrouper des forces autour d’un projet qu’un seul établissement ne pourrait porter, à donner de la visibilité aux formations. C’est aussi une réponse à l’émiettement des formations. Il faut aussi se rappeler que les PRES n’auront pas d’enseignants affectés – ils sont entièrement dépendants des établissements à cet égard. La CPU est fermement opposée à toute logique de démembrement des Universités, par le biais d’universités-bis concentrant les formations de haut niveau. En revanche créer un niveau de gestion mutualisé qui permette de simplifier certains problèmes n’est pas une mauvaise chose, et favorise les partenariats. Les PRES nous dispenseront de conventions compliquées. Si une convergence plus forte se fait ce sera sous la forme d’une université englobante et non d’un établissement placé à côté, et dans un premier temps, ce sera une filiale commune, à qui on peut interdire de faire de la concurrence à la « maison mère ».

Concernant la « mastérisation des IUFM » ; la CPU rappelle l’importance et le bien-fondé de cette démarche : la délivrance aux jeunes enseignants d’un diplôme universitaire attestant leur niveau de qualification est pour eux un plus, un gage de reconnaissance ; qui plus est, pour ceux qui échouent aux concours, un perspective est ouverte. Des masters Education pourraient être une réponse intéressante. Une discussion s’engage avec les représentants de la CDUL sur un certain nombre de points délicats : le traitement nécessairement différencié des différents types d’étudiants IUFM : PE, PLC, CE et documentalistes. Dans les deux derniers cas, le caractère très spécialisé de la formation facilite les choses (masters spécifiques) ; pour les PLC les solutions se dessinent aisément à partir de l’existant ou non ; pour les PE le problème est plus complexe (masters pluridisciplinaires ?). Par ailleurs l’articulation chronologique entre préparation aux concours et formation de master est délicate à trouver, et implique de prévoir le master aussi comme élément de formation continuée. La CPU fait référence à une prise de position du comité de suivi master sur la question de la masterisation de la formation IUFM. Sur ce point, les échanges doivent être développés entre la CPU et la CDUL – le secteur LLASHS étant particulièrement concerné. J. Migozzi fait état de la rencontre prévue le 14 mars avec la CDIUFM.

Est ensuite évoquée la question, posée par la CPU lors d’un colloque de Metz, de la cartographie des formations, point sur lequel la discussion est brève. La CPU attire l’attention sur le fait que le terme « cartographie », choisi de préférence à « carte », n’est pas à lire dans un sens d’un aménagement du territoire universitaire, mais au sens d’une description de l’existant, pour assurer la visibilité des formations.

Sur la question de la DGF, deux points sont soulignés : d’abord qu’en est-il de la définition d’une nouvelle norme de financement ? ensuite, la CDUL rappelle la nécessité de prendre en compte l’évolution de nos formations en termes de technicité et de professionnalisation. Elle fait remarquer que la notion d’enseignement de type « expérimental » ne saurait être réservée aux seules sciences exactes ou au secteur technologique. Des filières LLSHS comme géographie, InfoCom ou sciences du langage, etc. pourraient revendiquer à bon droit ce qualificatif.

La proposition envisagée un moment de huit classes de dotation
(En L, Cursus généraliste : 1 – disciplines expérimentales, 2 – autres disciplines ; Cursus professionnel : 3 – disciplines expérimentales, 4 autres disciplines.
En M, Cursus généraliste : 5 – disciplines expérimentales, 6 – autres ;
Cursus professionnel et ingénieur : 7 – disciplines expérimentales, 8 – autres)
est inacceptable pour la CDUL ; le modèle à six classes (idem pour le L : 4 classes ; En M, Cursus Master et cursus ingénieur : 5 disciplines expérimentales, 6 – autres) peut être une meilleure base de discussion.

La CPU relève que le dossier de la remise à plat des normes de calcul est peu avancé, sinon en sommeil. Faute de moyens supplémentaires importants en provenance de l’État, et compte tenu des risques d’un redéploiement des moyens entre universités, le sujet semble trop sensible. En attendant, il est important de ne pas laisser SanRemo se diluer trop, car il reste un dispositif utile et la seule référence plus ou moins objective, malgré ses insuffisances ; quant au rééquilibrage des financements entre normé et contractuel, la CPU part d’une hypothèse se situant à 40% de financement normé à terme, et de 60% de financements contractualisés – les 40% correspondant aux missions premières, territoriales des Universités. Une distinction est sans doute à opérer sur ce point entre licences et masters.

Une dernière discussion s’engage ensuite sur la question des compétences transversales et du supplément au diplôme. La CPU fait part de son intérêt pour la question et les réflexions développées dans le secteur des LLSHS. La CDUL précise avoir engagé la discussion en octobre; sur le terrain, le travail sur les maquettes prend en compte cette dimension, et une rapide consultation pourra être lancée sur le sujet. Le secteur LLASHS peut s’appuyer sur l’expérience accumulée en matière d’évaluation des compétences en langues qui reposent sur des référentiels reconnus. La CDUL s’engage à faire part de ses informations et de ses réflexions à la CPU.

La rencontre, qui s’est déroulée dans un très bon climat, s’achève à 16h 30

H. QUINTIN

Recherche

Menu principal

Haut de page