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Communiqué de presse de la CDUL du 25 novembre 2014

Réunie en bureau national élargi les 21 et 22 novembre 2014, la Conférence des doyens et directeurs d’UFR de Lettres, Langues, Arts, Sciences humaines et sociales (CDUL) veut apporter sa contribution à l’effort de modernisation et de recentrage de l’enseignement supérieur et de la recherche en France.

1) CARTE DES FORMATIONS S’agissant de l’objectif volontariste d’une réduction du pourcentage de formations à effectifs faibles (- de 50 inscrits en L3, – de 30 inscrits en M2), il ne pourra être atteint sans dommage qu’eu égard à la complémentarité entre formation et recherche, d’une part, et à l’accessibilité des formations sur le territoire, d’autre part. Cet objectif nécessitera, au-delà d’une nomenclature de densité très inégale selon les disciplines, une politique nationale dynamique en faveur des objectifs de formation, impliquant au premier chef les instances d’évaluation, CNU et HCERES.

2) SELECTION A L’ENTREE S’agissant du débat sur la sélection à l’Université – qui tient lieu de débat sur la complication du système français d’enseignement supérieur – , la CDUL rappelle le caractère universitaire du Baccalauréat, premier titre universitaire, et admet qu’une admission sur critères pédagogiques (sur dossier) pourrait être mise en place pour les baccalauréats qui n’ont pas été conçus pour une poursuite d’études à l’Université. En tout état de cause, l’instauration de « capacités d’accueil » assorties d’une préférence géographique risque de conduire à l’inacceptable tirage au sort ; dans les disciplines qui peuvent se permettre de proposer une offre de formation spécialisée selon les établissements, ce dispositif serait contraire à l’articulation entre la formation et la recherche, atout majeur de l’Université.

3) CLASSES PREPARATOIRES DES LYCEES L’instauration d’une obligation d’inscription dans un établissement universitaire de l’académie pour tout étudiant de CPGE est une décision satisfaisante, notamment en raison de la délivrance de diplôme universitaire dont elle devait être la condition. Néanmoins, la CDUL s’inquiète de la grande disparité des accords « académiques » entre les universités et les proviseurs de lycée à CPGE. Outre l’hétérogénéité des cadres administratifs et économiques des conventions en cours de discussion, le CDUL alerte le Ministère sur le « dumping » exercé par des établissements universitaires quant à l’accueil en leur sein des élèves issus d’une 3e année de CPGE (dits « cubes »). Peut-on délivrer des licences à des élèves d’une certaine façon « redoublants » ? Lier cette délivrance à leur résultat à un concours, qu’il est plus louable d’obtenir en fin de 2e année ? Faut-il seulement admettre ces élèves en M1 ? Un cadre national, garant de l’égalité citoyenne, serait nécessaire.

4) MASTER La CDUL reste favorable au déplacement de la sélection de Master en M1, pour les seules mentions qui requièrent cette sélection, soit parce qu’elles ne forment qu’un nombre limité de professionnels, soit parce qu’elles font l’objet d’un excès de candidatures. La CDUL rappelle que l’accès à une formation doit être distingué de la réussite au diplôme. Elle souhaite que les professions réglementées s’adaptent à la structure LMD.

5) POLITIQUE NATIONALE DE REGROUPEMENT La politique des « COMUE » et des incitations aux fusions d’établissements obéit au principe discutable du « big is beautiful ». La CDUL en prend acte : elle a fait valoir, avec les autres conférences de doyens, ses réserves et ses inquiétudes. Aujourd’hui, elle souligne avec la plus grande insistance la disparité considérable qui s’installe dans la gouvernance des établissements de l’Université française : sur la notion de « composante », sur le lien ou la division entre la formation et la recherche, sur le rôle des Conseils d’UFR et des directions d’UFR, traités ici ou là en « services » d’une administration centrale éloignée du terrain, sur les politiques de primes, décharges, traitement des dossiers, recrutement des personnels, la République française pourrait tendre à une « provincialisation » dommageable, et la CDUL s’étonne de l’absence sinon de cadre, au moins d’information voire de comparaison des pratiques entre ces élus que sont les présidents d’université. La CDUL souhaiterait que la comparaison de la structuration universitaire entre pays développés conduise à l’alliance entre circonspection et esprit républicain dans les réflexions stratégiques conduites au plan national : là où un « partage des bonnes pratiques » est inexistant, un « cadre national » manque. La CDUL a fait savoir à maintes reprises que la dissociation en cours entre recherche et formation supérieure, introjectée par beaucoup de présidents d’université, conduisait l’Université à l’échec face à ses concurrents nationaux, qu’ils relèvent de l’Education nationale ou du secteur privé.

La CDUL réunira les doyens et directeurs d’UFR en Congrès national les 27 et 28 mars 2015. Ce congrès sera consacré à l’entrée à l’Université (public lycéen, représentations de l’Université dans l’opinion, modalités d’accueil et offres de formation en L1… : « Comment peut-on être étudiant ? ».

Contact :
Philippe.saltel@upmf-grenoble.fr

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